Aïe, je suis toujours vivant !

Ce qui n’est typiquement que la lecture des juges, de la police et des procureurs est devenu un best-seller inattendu en 2006. D’abord en Italie, puis dans le monde entier, le premier ouvrage de Roberto Saviano, Gomorrha, a pris d’assaut les listes de best-sellers. Le Napolitain y décrivait, sur la base de sa propre expérience et de nombreuses recherches, l’action de l’organisation mafieuse Camorra dans sa ville natale et nommait les chefs et les coupables par leur nom complet.

A cause de cette attention, il est devenu la cible de la mafia et vit depuis sous protection policière permanente. Et c’est cette vie menacée et isolée que décrit la bande dessinée « Je suis toujours vivant », mise en scène de manière impressionnante par le dessinateur Asaf Hanuka.

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Tirez sur Ramirez, bon sang !

Le mécanicien d’aspirateurs muet Jacques Ramirez ne veut rien d’autre que faire son travail en toute tranquillité. Et il le fait très bien. Pour cela, après des années passées dans son entreprise Robotop, il est nommé employé de l’année, juste avant que le bâtiment n’explose avec son patron et les journalistes qui s’y trouvaient.

Ramirez est rattrapé par sa sombre histoire familiale, avec laquelle il n’a jamais voulu avoir affaire et qui a pris un tout autre chemin. Mais un cartel de la drogue mexicain, un tueur au sang froid et les deux personnages de Thelma & Louise, Chelsea Tyler et Dakota Smith, croisent sa route et laissent derrière eux une trace sanglante. Mais le passé de Jacques Ramirez n’est pas non plus tout à fait sans reproche et l’histoire se complique.

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Un automne meurtrier dans la Somme

Un industriel est retrouvé étouffé par son propre sang sur un yacht échoué, et la police tâtonne dans le noir. Car en réalité, Alexandre de Breucq était apprécié de tous.

L’inspecteur Broyan, de la police parisienne, se lance à la recherche du meurtrier et découvre des abîmes de plus en plus profonds de l’homme qu’il a tué, tout en étant confronté à sa propre histoire familiale.

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Un magazine pour les hommes au cœur tendre

Ceux qui apprécient The New Yorker ou The Chicagoan en tant qu’amateurs de magazines de l’ère du jazz pour leurs excellents reportages et leurs couvertures artistiques, prendront beaucoup de plaisir à lire la série d’albums de bande dessinée en deux volumes Gentlemind.

L’histoire se déroule dans les années 1940, où la showgirl Gina Navit sert de muse et d’amour à Arch Parker, un illustrateur en pleine ascension. En proie à des soucis d’argent, Arch décide de partir en Europe pour faire des reportages de guerre. Gina, qui ne peut échapper à ses admirateurs, a le cœur brisé et épouse le riche magnat du spectacle Powell. A la mort de ce dernier, Gina hérite de ses biens, y compris d’un magazine masculin moribond, dont elle fait un succès en modifiant avec succès les reportages et les graphiques.

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Nettoyage à sec sous la pluie

François, un solitaire, travaille comme coursier pour un service de nettoyage à sec et mène une vie très peu agitée et routinière. Son moment le plus heureux de la journée est la visite à Maryvonne, une mère célibataire qui tient un kiosque à journaux et chez qui François dépose son billet de loterie et achète le journal.

Depuis 17 ans, il joue les mêmes numéros de loto et promet à Maryvonne et à sa fille asthmatique d’acheter un appartement au bord de la mer grâce à ses gains au loto, qu’il espère renouveler chaque semaine. Sa routine change lorsqu’il doit former un nouveau chauffeur nommé Alain, qui lui fait perdre quelques nerfs. Lorsqu’ils doivent en plus effectuer une livraison dans un lieu situé en dehors de Paris, c’est toute la vie de François qui bascule d’un coup.

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2021 : Mon année en livres

L’année dernière déjà, j’ai présenté quelques livres que j’ai lus pendant la première année de la pandémie en 2020, et j’ai pu en ajouter un en 2021. La pandémie est toujours là, de nouvelles variantes arrivent et dominent, ce qui laisse le temps de lire.

Cette année, j’ai lu 87 livres pratiques, 109 bandes dessinées (la plupart en français), quelques livres illustrés, des livres pour enfants et de nombreux magazines. J’ai également acheté sur ebay une centaine de vieux numéros de Mickey Mouse, dont j’ai parcouru la moitié.

J’ai la liste (presque) complète des bandes dessinées et des livres sur Librarything, où je gère ce contenu depuis des années.

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L’homme qui aime les bandes dessinées

Comment une bande dessinée déjantée, notre professeur de français et une découverte fortuite ont ravivé ma passion pour la collection de bandes dessinées.

Dans le quartier viennois de Floridsdorf, sur la rive est du Danube, se trouvait à proximité de notre appartement de l’époque ce que l’on appelait un Gemeindebau – HLM, un ensemble d’habitations construit et géré par la ville de Vienne dans les années 1920, qui disposait de magasins, de jardins d’enfants, de cabinets médicaux et d’un marché paysan. De tels bâtiments communaux, comme le Schlingerhof, étaient de petits villages dans la ville et, lorsque nous étions enfants, c’était là que nous faisions nos expériences et que se trouvait tout notre univers.

Les arcades de ce bâtiment communal abritaient des locaux commerciaux, dont un magasin d’échange de romans. Celui-ci n’existe plus depuis longtemps, mais voici une photo de Google Maps de ce à quoi il ressemble actuellement.

Le Schlingerhof, dans le 21e arrondissement de Vienne, avec des locaux commerciaux dans les arcades où se trouvait, à la fin des années 1970, un magasin d’échange de romans que j’avais l’occasion de fréquenter une fois par semaine.

Dans l’une des arcades se trouvait un magasin d’échange de BDs, et c’est là que je pouvais, à l’époque encore élève de l’école primaire, échanger 10 vieilles bandes dessinées usagées contre 10 nouvelles bandes dessinées usagées. Pour 10 schillings, ce qui correspondait à l’époque à environ 1,5 mark allemand et, selon le taux de change, à 71 centimes, ce qui, corrigé de l’inflation, représenterait aujourd’hui environ 1,90 €.

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Djinn de mes rêves – Une excursion (érotique) dans le monde des sultans, des déesses et des maharajahs

Ceux qui ont grandi avec la série télévisée Jinny de mes rêves la magicienne sont déjà familiers avec le monde des génies. Dans cette série des années 1960, l’astronaute Tony Nelson, interprété par Larry Hagman, a trouvé sur une plage une bouteille dans laquelle se cachait le génie (« djinn ») Jeannie, joué par Barbara Eden. Ses pouvoirs magiques (et sa jalousie) mettaient régulièrement Tony Nelson en difficulté.

Près de soixante ans plus tard, le scénariste français Jean Dufaux et la dessinatrice espagnole Ana Miralles ont créé la série de bandes dessinées Djinn, dont 13 volumes ont été publiés. Si L’Enchanteresse Jeannie avait déjà un sous-entendu définitivement érotique dans la relation entre Nelson et Jeannie, cela devient beaucoup plus explicite dans cette série de BD. Et les noms de famille des protagonistes montrent également une référence à la série télévisée.

Dans les albums, dont les histoires se déroulent en trois cycles en Turquie, en Afrique et en Inde, il y a deux lignes narratives cohérentes. Kim Nelson, qui a grandi dans le Londres d’aujourd’hui, part à la recherche de l’histoire de sa mère et grand-mère Jade, qui aurait été un djinn. En tant que djinn, sa magie consistait à faire en sorte que les femmes et les hommes tombent désespérément amoureux d’elle et abandonnent tout pour elle, allant même jusqu’à la mort. Mais pour un djinn, cela signifie qu’il ne peut jamais ressentir d’amour, même s’il le désire, et que toutes les relations se brisent inévitablement.

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Noir Burlesque

Le grand cinéma, ce sont les films noirs des années 50 et 60, qui ont souvent permis à des acteurs comme Alain Delon ou Jean Gabin d’accéder à la célébrité. Aujourd’hui encore, plus d’un demi-siècle plus tard, ces films n’ont rien perdu de leur rayonnement. Il n’est donc pas étonnant que ce style cinématographique soit régulièrement cité, non seulement au cinéma, mais aussi dans des albums de bande dessinée comme Noir Burlesque d’Enrico Marini.

L’histoire, qui se déroule dans le New York des années 1950, met en scène le gangster Slick, qui commet ses hold-up avec routine et séduit les femmes, mais qui s’est aussi attiré toutes les rancœurs et la jalousie d’autres personnages louches et puissants de la pègre.

Dans cette première partie, Slick, ex-boxeur, vétéran de guerre et petit criminel endurci, accomplit son dernier braquage pour son patron lorsqu’il rencontre Caprice, une beauté rousse. Comme le lecteur le comprend rapidement, il existe une histoire entre la danseuse burlesque Caprice et Slick. Il y a des années, il était parti à la guerre en tant que soldat, laissant derrière lui Caprice qui ne voulait plus l’attendre et qui a succombé aux avances de Rex, le chef de la pègre. Cette rencontre est donc aussi le début d’un jeu avec le feu.

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Les Contes Drolatiques

Donner un reflet de la société est un motif récurrent dans l’histoire de la littérature. Ce qui avait connu son apogée au Moyen Âge avec la Divine Comédie de Dante s’est poursuivi jusqu’à Honoré de Balzac qui, avec ses Contes Drolatiques a dressé un tableau des mœurs de la haute société française vers 1830.

Les frères jumeaux Paul et Gaëtan Brizzi, nés en Italie, qui ont grandi à Paris avant d’émigrer à Hollywood en 1994 pour travailler pour Disney Studio, Pixar et Sony, se sont attaqués à trois histoires de Balzac dans un album de bande dessinée très léger. En une seule couleur, ils guident les lecteurs à travers le monde des années 1830 de manière divertissante et avec un style de dessin vif, en s’attaquant habilement à la société, à l’église et à la morale.

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